mardi 19 octobre 2010

Magie Egyptienne


 La magie était très présente dans la civilisation égyptienne. Elle se manifeste par des forces divines pouvant être utilisées par la parole ou l'image ainsi que d'autres procédés. Deux dieux sont principalement associés à la magie : Isis l'épouse d'Osiris, c'est ainsi que dans le mythe de la ruse d'Isis elle empoisonne Ré pour lui soutirer son nom et par cela avoir un pouvoir sur le dieu soleil. La deuxième divinité est Heka qui est une personnalisation de ces forces mystérieuses. Tout d'abord on peut dire que la parole possède une puissance importante dans le domaine magique. En effet si on prononce le nom d'un défunt, cela permet de l'animer dans l'autre monde. On peut d'ailleurs voir que le verbe est à la base de la conception du monde : le démiurge Amon appela son double Ré par la parole pour le faire "naître". La parole est une puissance créatrice. Cette dernière se manifeste dans les tombeaux qu'on a retrouvés. Souvent le défunt sur les représentations était représenté devant une table d'offrandes pleine à craquer de mets, autour étaient inscrites des formules magiques qui, prononcées par un prêtre ou le défunt lui même, permettaient de nourrir le mort. Des formules permettaient aussi d'animer les oushbetis ("les répondants"), ces statuettes représentant des serviteurs, qui effectueront les travaux du mort dans l'Amanti, le domaine de ceux qui ont été proclamés justes de voix par le tribunal d'Osiris (qui sont reconnus purs).

 Les représentations dans les tombes ont la même fonction que les formules magiques. Si on revient dans le monde des vivants, on sait que certains Egyptiens faisaient couler de l'eau sur des pierres couvertes de symboles magiques. Cette eau se chargeait de vertus bénéfiques au contact de la pierre qui faisait ainsi acquérir au buveur une immunité à certains poisons. Dans le domaine de la protection, on peut aussi prendre l'exemple du scarabée, ce dernier était un protecteur du cœur, certaines momies se faisaient implanter des scarabées dans la poitrine. Couverts de symboles, ils étaient garants de la pureté du défunt devant Osiris. Mais la magie pouvait prendre un caractère plus offensif. Ainsi les généraux avant une campagne faisaient inscrire puis détruire des tessons de poterie aux noms de leurs ennemis.  Sinon on peut noter que les Statues permettaient d'établir un lien entre les dieux et les hommes.

Signification des couleurs
Dans l'art pictural, les couleurs avaient une signification précise, indépendante de leur valeur esthétique. Ainsi la couleur attribuée à la peau des hommes -rouge brique- et à celle des femmes -jaune- permettait de distinguer les deux sexes. Dans la notion de dualité égyptienne, on trouve des nombreuses oppositions, telle que celle entre le rouge et le blanc, expression de complétude et de perfection (comme dans la couronne d'Egypte, union de la couronne blanche et de la couronne rouge). Voici la signification des différentes couleurs...

NOIR :
Ce n'est pas une couleur, mais l'absence de couleur. Le noir était la couleur du limon, porteur de fertilité et de renouveau, après chaque crue. Une écaille de crocodile noir représentait l'idéogramme signifiant "noir", que l'on retrouve aussi dans le nom que les Egyptiens ont donné à leur pays : Kemet, "la (terre) noire". Le noir était un symbole de renaissance et de regénération. Ces caractères étaient aussi liés à l'obscurité de l'au-delà, au royaume de la mort, qui était aussi l'endroit où le défunt subissait les épreuves et les transformations qui devaient lui donner la vie éternelle. Sont aussi associés à cette couleur, Osiris qui est appelé "le Noir", Khentamentiou, Anubis et Min. Ahmès-Neferatri, reine divinisée et patronne des artisans, était représentée avec la peau noire.
BLANC :
Symbole de toute puissance terrestre, de pureté et de sainteté, il était associé aux cérémonies rituelles et aux objets sacrés. On évoquera à cet égard la "Chapelle blanche", "l'onguent blanc" ou le "Mur blanc", c'est à dire Memphis. De par son caractère sacré, c'est aussi la couleur de la joie.
BLEU :
Souvent opposé au rouge, le bleu incarnait la soumission et symbolisait l'infini. C'était la couleur employée pour représenter certains dieux, en particulier Amon, dont elle évoquait l'aspect cosmique ; d'autres dieux portaient une barbe ou des ailes bleues.
JAUNE :
La couleur du soleil, de l'or, et par conséquent de tout ce qui est éternel et impérissable. La chair des dieux était faite d'or pur. C'est pour cette raison que, dans les représentations peintes dans les tombes, la peau des dieux est peinte d'un beau ocre jaune imitant un jaune doré. L'électrum, alliage naturel d'or et d'argent, avait les mêmes propriétés que l'or pur [1] et sa couleur prenait parfois la signification du blanc. La couleur jaune, par extension, a aussi parfois pris la signification de la couleur blanche.
VERT :
Associé à la végétation depuis les temps les plus anciens, le vert incarne l'abondance et la renaissance. Osiris qui était le dieu de la végétation par exellence était appeler "le Grand-Vert", en égyptien Wadj-wr, nom également donné à la mer Méditerrannée ("la Grande Verte") et aux marais du Delta. Dans cette acception de la couleur en tant qu'essence profonde de caractère universel, le language commun des Egyptiens assimilait les couleurs à la nature de l'action ; ainsi le vert étant une couleur bénéfique, "faire des choses vertes" signifie bien agir.
ROUGE (desher) :
La couleur du désert aride, brûlé par le soleil. Il s'agit donc d'une teinte agressive, menaçante. "Faire des choses rouges" signifie faire le mal. Mais le rouge était aussi la couleur de la force, un symbole de victoire et de vie. C'était la couleur de Seth, qui était le dieu du Chaos et du désert, mais qui pouvait revêtir des traits positifs d'un défenseur de Râ quand, debout à la proue de la barque divine, il frappait Apophis de sa lance. Dans ses acceptions négatives, le rouge fut synonyme de sentiments mauvais et avoir "le coeur rouge" signifie être en colère. Les desherou, les "Rouges", étaient les serviteurs maléfiques de Seth, et desher signifie "inspirer la terreur", desher-ty signifiant "terrible". Par ailleur en raison sans doute de l'aridité du désert et des nécropoles qui s'y trouvaient, le verbe "rougir" était synonyme de "mourir". Naturellement, les flammes et le sang (senef) étaient également associés au rouge.
Notes (1) : L'argent était à l'époque plus précieux que l'or, et moins que le fer, et représentait quant à lui les os des dieux.